Organisation
de la collecte et du
tri.
Il existe trois filières
principales de collecte des
encombrants.
La filière publique
inclut 2 systèmes: les
tournées planifiées des
services de voirie communale (par exemple
Lausanne) ou le système du
ramassage sur appel (Genève depuis
longtemps, Vevey et Yverdon tout
récemment, Zurich,
).
Les raisons essentielles qui ont
poussé la ville de Genève
à supprimer les tournées
porte-à-porte sont un manque de
place lié à la
densité de l'habitat urbain, la
volonté d'offrir un service de
qualité à la population par
une augmentation de la fréquence
des débarras tout en évitant
la dispersion des déchets sur le
trottoir.
Le tri à la source des
encombrants permet d'augmenter le taux de
recyclage et de réutilisation des
matières valorisables (concept de
développement durable). Ainsi,
à Genève, le tri est
effectué en aval de la collecte
avec une séparation des
matières recyclables et des
fractions incinérables ultimes en
UIOM, grâce à une
déconstruction sélective
(électroménager, bois,
ferraille, batteries, pneus,
bureautique).
Les résultats atteints attestent
d'un taux de recyclage moyen de 58% (1996
à 2000). La ville de Zurich a
testé l'efficacité d'un
dépôt anticipé des
déchets encombrants sur la voie
publique, soit une semaine avant la date
de ramassage prévue.
Résultat: une diminution de 50% des
déchets encombrants
nécessitant un traitement en
incinération.
L'inconvénient majeur
réside toutefois dans la dispersion
des encombrants sur la voie publique, donc
une surcharge de travail pour les services
de voirie. Une alternative au tri à
la source serait de mettre en place une
déchetterie couverte pour permettre
une reprise directe par les citoyens
(sorte de marché des encombrants
comme à Vevey).
Encore faut-il assurer la
proximité de la déchetterie
pour le détenteur du déchet
à évacuer. Cette
méthode serait peut-être une
solution au problème des
débarras sauvages non résolu
à ce jour, notamment à
Genève.
La filière privée
applique quant à elle le principe
du pollueur-payeur et présente la
particularité de reprendre avant
tout les objets en bon état. Les
grandes surfaces de vente de l'immobilier
proposent un service de
récupération de vieux
meubles qui facilite la tâche du
client mais qui implique une participation
financière de sa part.
C'est le cas d'Ikea qui procède
à une déconstruction
sélective des meubles et valorise
les composants recyclables en
matières de base (80% de
réutilisation, 20% devant
être brûlés). Pfister
Meubles a mis en place un service
similaire où les vieux meubles sont
remis à neuf dans des ateliers de
réparation interne. Les uvres
caritatives (Emmaüs) proposent quant
à elles des services de ramassage
à domicile (voir en page 4). Le
consommateur est réticent face
à cette filière payante,
dès lors qu'il peut évacuer
ses encombrants gratuitement sur le
trottoir. Il en résulte un taux de
reprise qui atteindrait environ 2% pour la
filière privée.
La filière informelle
consiste en un ramassage
incontrôlé des objets
encombrants par des
récupérateurs qui revendent
les objets de qualité sur des
petits marchés locaux (puces,
foires, brocantes,
). L'avantage de
cette filière est qu'elle contribue
à la durabilité des objets
encombrants, repoussant le moment de
l'élimination.
C'est probablement en raison d'une
forte présence de cette
filière à Genève,
renforcée par les
récupérateurs de France
voisine, que les tonnages d'encombrants
à incinérer sont nettement
inférieurs à la moyenne
suisse dans la cité du bout du lac.
En maintenant l'existence
simultanée de ces 3
filières, la gestion des
déchets encombrants semble
compromise (absence de coordination,
différence de financement et
d'objectifs écologiques).
Il faut mettre en place une
filière unique de collecte des
encombrants dont les points forts seront
notamment :
- intégration
systématique du principe du
pollueur-payeur;
- fréquence de débarras
élevée, service
rapide;
- facilité d'accès au
service de débarras en
dispensant une information
élargie à la
population.
Contrairement à un déchet
ménager classique, l'objet
encombrant nécessite un broyage
avant son incinération.
Ce prétraitement implique une
consommation énergétique
supplémentaire de l'ordre de 11
(kwh/t), avec comme répercussion
une taxe de traitement augmentée:
Fr. 244.-/t pour les objets de moins de 60
cm de côté et Fr. 395.-/t
pour ceux de plus de 60 cm à l'UIOM
des Cheneviers.
Pourtant cette dernière a
opté pour une démarche
visant à favoriser leur recyclage.
C'est dire si ces déchets posent
problème à
l'incinération (voir en page 5). Le
matelas constitue un bon exemple
d'encombrant problématique: son
élimination est difficile et
coûteuse (tri au grappin, mauvaise
combustion), alors que les solutions de
recyclage existent.

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Broyeur type S 350XL
pour déchets
encombrants
fabriqué par la
Société
Industrielle de la Doux
SA (SID).
Caractéristiques
techniques: débit
de 26-60 t/h, à
une densité de
0.1 à 0.15 t/m3.
La fonction
première du
broyeur est de
réduire la
dimension de l'objet
encombrant pour
permettre son
introduction dans les
fours
d'incinération et
d'assurer une meilleure
combustion des
matériaux.
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